Et pourtant elle tourne

Ici, on cause Physique-Chimie. Vous êtes prevenus.

28 mars 2007

Vous avez dit Triphasé ?

Hé, tu sait, on a fait une expérience marrante.
Ha oui ?

Oui ! On a disposé un pain de glace en hauteur, puis on a placé un fil de fer lesté par deux masses en travers du pain de glace, les deux masses pendant dans le vide de part et d'autre du pain de glace. Et devine ce qui se passe ? Le fil traverse la glace qui se reforme derrière le fil. C'est dingue non ?
Et bien oui, c'est dingue, surtout que l'eau est l'un des seuls fluides à réagir de la sorte.

Comment ça l'un des seuls ? C'est pas normal ?

À vrai dire, non. Mais pour répondre à cette question, il va falloir introduire le Diagramme PT comme on l'appelle entre nous, ou Diagramme de phase de son petit nom. Comme son nom l'indique il s'agit d'un diagramme de la forme P=f(T) que voici :

391px_Diag_phase_defaut
diagramme de phase d'un fluide quelconque

Ouais, c'est joli, mais ça m'avance à quoi  ?
C'est sur, si tu ne me laisses pas t'expliquer. Alors, on voit trois courbes sur ce diagramme. Un première qui part du zéro pour arriver à un point d'où partent deux autres courbes : le point triple. Cette première portion de courbe correspond à la frontière entre état solide et état gazeux. Un extrait de courbe sépare le liquide du gaz, et s'arrête en un point particulier : le point critique Enfin une demie droite sépare l'état solide de l'état liquide (elle se prolonge à l'infini).

Ça n'explique rien ...

Bon, alors je te propose un truc, tu ferme ta gueule, et moi j'explique, ça te va ?

Ça va, c'est bon, pas besoin de t'énerver !
Bien, je continue. Comme je l'ai dit, il y a deux points caractéristiques. Commençons par le point triple. Comme sont nom l'indique, il se trouve entre 3 zone. En ce point cohabite le liquide, le gaz et le solide.
Ensuite vient le point critique. Passé ce point il n'y a plus aucune différence entre le solide et le liquide. Voila pour les propriétés remarquables de ce graphe.

Et ça nous amène ou ?
À considérer le problème qui nous intéresse, ton expérience. Il se trouve que l'eau a un diagramme de phase particulier. La pente de la demie droite séparant le liquide du solide est négative, contrairement à la plupart des fluide.

391px_Diag_phase_eau
diagramme de phase de l'eau, avec les points caractéristiques de l'eau : 0°C à pression atmosphérique (solidification) et 100°C à pression atmosphérique (évaporation).

Ha oui, la pente est négative !
Maintenant, plaçons nous dans le domaine du solide, pour interpréter cette expérience. Nous somme juste en dessous de la demie droite (température en dessous de zéro, pression atmosphérique). Notre bloc de glace est stable (thermodynamiquement hein !). Maintenant on place notre fil de fer lesté de poids. On exerce alors une pression sur le bloc de glace. Donc sous le fil, la pression exercé sur la glace va augmenter, sans que la température ne change. Étant situé juste sous la courbe, quand la pression augmente, on traverse ladite courbe. Et on se retrouve dans le domaine liquide. Donc la glace sous le fil va fondre. Le fil traverse donc la glace.

Oui, mais la glace qui a fondue, elle devient quoi ?

Et bien, une fois que le fil est passé, la pression diminue (le fil n'étant plus là pour l'exercer). Donc la pression redescend, et on retraverse la demie droite, pour revenir dans le domaine du solide. Donc l'eau liquide se re-solidifie après le passage du fil de fer. On dit que la glace a subie deux transformations, une compression isotherme (pression augmente, température constante), suivie d'une détente isotherme (pression diminue, température constante).

Un dernier mot ?

Truite.

Posté par whiteshoulders à 21:21 - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


25 mars 2007

Quantique de Noël

De nos jours, on parle de plus en plus du quantique. Mécanique quantique par ici, physique quantique par là... Même les ordinateurs sont quantiques. Mais qu'est ce que le quantique ?

Mais oui, c'est vrai ça, c'est quoi ?
La physique quantique permet l'étude de l'infiniment petit. L'étude des particules élémentaires (électron, protons, photons, etc ...) qui forme la matière. La physique quantique a vu le jour lorsqu'il est apparu impossible de réaliser ces études à l'aide de la physique classique.

Mais pourquoi n'as-t-on pas pu utiliser la physique classique ? Après tout ça marche très bien non ?

Au niveau macroscopique, c'est à dire à notre échelle, la physique classique est appropriée pour étudier différents systèmes (aérodynamique, gravitation, etc ...). Mais le monde de l'infiniment petit se comporte bien différemment.

Différemment comment ? Pourquoi tu répond jamais totalement aux questions ?

C'est pour faire durer le suspens. Et si tu arrêtais de m'interrompre tout le temps, aussi ! Alors, je disais que l'infiniment petit avait un comportement totalement diffèrent du monde macroscopique.
Par exemple, dans notre univers, nous sommes habitués à des grandeurs continues : le temps, une distance parcourue par un objet, Le volume de liquide dans un verre qu'on remplit. Toutes les grandeurs variables qui nous entourent sont continues. Au niveau quantique, certaines grandeurs, et notamment l'énergie, ne peuvent prendre des valeurs que dans un ensemble discret (l'ensemble des entiers naturels par exemple). Les calculs et les raisonnements sont donc plus compliqués (entre autre parce qu'ils ne sont plus du tout intuitifs).
C'est pour cela qu'on parle des niveaux d'énergies des particules (on reparlera du cas des électrons plus tard).

Et c'est juste a cause de ça que c'est compliqué ?

Entre autre. Mais d'autres paramètres complexifient le problème, et l'étude de l'infiniment petit. Par exemple au niveau quantique, les notions d'ondes et de particules sont confondues. Les particules se comportent à la fois comme des particules et comme des ondes (mise en évidence d'interférences).

Mais comment c'est possible ?
Je t'avais prévenu que c'était compliqué, et pas du tout intuitif. Mais il y a encore pire. Le principe d'incertitude, nous dit qu'il n'est pas possible de mesurer simultanément et avec précision deux grandeurs. Si l'une est précise, l'autre est forcement imprécise et inversement.

Dans ce cas là, pourquoi on fait pas les deux mesures séparément ?

Tout simplement parce que le fait de mesurer une grandeur observable d'un système va modifier ce système. Par conséquent, après la première mesure, il n'est plus possible d'effectuer la seconde, car le système aura été modifié.

Mais c'est un vrai casse tête !
Ce n'est rien de le dire. Et il existe encore d'autres phénomènes qui complexifient l'étude quantique. Une réaction à un endroit précis d'un système peut avoir des répercussions instantanément en d'autres endroit du système. Ça peut paraître étrange, mais les répercutions sont immédiates, alors que l'information n'est pas transmise instantanément.

Et des gens arrivent à travailler dans ces conditions ?

Compliqué, hein ? Il existe encore de nombreux phénomènes étrange lié au monde de l'infiniment petit, comme là contrafactualité. Le principe est simple. Etrange, mais simple : tout évènement qui aurait pu se produire, mais qui ne s'est pas produit, influe sur le résultat de l'expérience.

On peu donc conclure que la physique quantique, c'est comme les règles du rugby, compliquées, et pas du tout intuitive.
Donc ce qu'on retiens, c'est que la physique quantique c'est du rugby ? D'accord.

Posté par whiteshoulders à 00:03 - Quantiquité - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 mars 2007

Elle attend Pere Arthur.

Pourquoi la chaleur se déplace-t-elle du plus chaud vers le plus froid ? Je suis sur que vous ne vous êtes jamais posé la question. Ca parait tellement evident. Mais après tout, pourquoi ?
Pour commencer, jetons quelques bases.

Qu'est ce que la temperature ?
Toute matière est composée d'une multitude de particules, et cette multitude est un vrai bordel. Tout le monde se rentre dedans, sans dire bonjour, ni au revoir. Et tout ça se déplace à des vitesses folles (pour de l'Helium à 20°C, les particules se deplacent environ à 1300 m/s). Donc on peut dire que ce maelstrom est sacrement excité. Et la temperature (mesurée en degrés Kelvin, avec 0°C=273°K) n'est autre que la mesure de cette excitation. A 0°K, la matière est inerte, et il n'est pas possible d'aller plus bas, car il n'est pas possible de ne moins bouger que lorsqu'on est immobile. Ainsi des temperatures de -1000°C sont totalement irréalistes. Le minimum possible est 0°K=-273°C. Pas moins.

Certes, mais ça n'explique rien !
J'y viens, j'y viens. Maintenant imaginez une enceinte contenant un gaz à une temperature T1, et une autre enceinte contenant un gaz à une temperature T2>T1.

enceinte_1

Enceinte contenant un gaz à une temperature T1, et une autre enceinte contenant un gaz à une temperature T2>T1.

Dans chacune des enceintes, la température est differente, donc les "excitations" des particules sont differentes. Entre ces deux enceintes, on place une paroi amovible, et imperméable aux echanges thermiques (dans le jargon, on dit que la paroi est adiabatique). Puis, à l'instant t=0 (ça fait toujours classe de dire ça) on retire la paroi adiabatique amovible.

enceinte_2

Enceinte contenant un gaz à une temperature T1, et une autre enceinte contenant un gaz à une temperature T2>T1, qu'on a enlevé la paroi adiabatique amovible qu'elle était au milieu.

Il n'y a plus rien pour empecher les folles particules de se repandre dans tout l'espace disponible. Les particules de l'enceinte à T1 vont faire un tour dans l'autre et vice versa. En somme c'est la partouze chez les gaz.

Mais les pratiques sexuelles des particules ne nous interessent pas !

C'était une license poétique. Mais n'oublions pas que certaines sont plus excitées (celles à la temperature T2), et donc plus rapides que d'autres. A la même manière que deux billes s'entrechoquant, les particules vont transmettre une partie de leur energie aux particules environnantes (et donc à celles à la temperature T1). Les particules à T2 perdent donc de l'énergie (elles sont moins excitées) et les particules à T1 en gagnent (elles sont plus excitées). Pour parler thermiquement, les particules de T2 se refroidissent au contact de celles à T1, qui se rechauffent.
La chaleur passe donc de la source chaude, vers la source froide.

Ceci est une explication, mais il existe des demonstrations rigoureuses, à base de Principes Thermodynamiques, de differentielles d'energie interne et d'entropie, mais c'est pas très folichon, et pas très intéressant.

Voila donc pourquoi le transfert thermique se fait toujours de la source ou la température est la plus elevée vers la source la plus froide.


Merci à Paint pour m'avoir laissé l'utiliser afin de réaliser ces superbes schémas, et merci à mon frère, pour m'avoir aidé à corriger ces foutues fautes d'orthographe.

Posté par whiteshoulders à 22:05 - Physic's Everywhere - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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